<< J'ai vu la concubine de l'hémoglobine | Sex games | Emissions du Jeudi # 3 >>
Le mois dernier le magazine de news, culture & société, célébra la parution de son 100ème numéro. En clin d'oeil à cette longévité, Player Park a choisi de publier une interview parue dans l'un de ses numéros le plus récents. Une interview nous entraînant de surcroît, dans la thématique du troisième volet des non moins sulfureuses " Emissions du Jeudi ". Cette dernière sera comme à l'accoutumé, lancée dans le courant de la journée de mardi, et devra pallier au manque de succès certain, rencontré au cours du second volet.
DM : Les sex games et le jeux de rôle en ligne permettent-ils vraiment d'épanouir notre sexualité ? Alain Héril : La sexualité est avant tout une affaire de fantasmes et de rencontre activant le désir. Tant que les sex games permettent de ne pas perdre de vue le corps réel de l'autre, il n'y a pas de problème. La situation devient difficile, voire pathologique, lorsque la dimension du réel s'appauvrit.
DM : Avec les sex games, certaines personnes peuvent assouvir leurs désirs et fantasmes inavoués (viol, gang bang...) n'est-ce pas malsain ? Alain Héril : Malsain, non tant que cela reste du jeu, de l'image, du virtuel. Cela permet au contraire d'exprimer des pulsions agressives ou déviantes. Un individu malsain dans son rapport à la sexualité le restera. Un individu sain ne deviendra pas obligatoirement malsain. Ce n'est pas le produit qui construit la personnalité mais plutôt une personnalité déjà établie qui va utiliser le produit. Cela étant, les sex games peuvent révéler une structure de personnalité enfouie.
DM : Peut-on parler de sexualité ou simplement de pornographie ? Alain Héril : Ce qui crée la pornographie, c'est l'absence de surprise. On sait où le début d'une scène va amener les protagonistes. Il n'y a pas de sujet, juste des objets. Dans la pornographie, l'autre est instrumentalisé. Tant que les sex games ne franchissent pas cette ligne, cela reste érotique. Mais j'ai bien peur que l'on se dirige plus vers du pornographique qu'autre chose. DM : Les concepteurs de jeux affirment que les couples qui pratiquent les sex games ont une sexualité beaucoup plus épanouïe. Qu'en pensez-vous ? Alain Héril : Je peux le concevoir. Le porno joue aussi ce rôle. Mais l'idée est toujours la même : il s'agit de savoir hiérarchiser et de donner la préférence au corps, au réel et à la chair.
Alain Héril, psycho et sexothérapeute, auteur de Journal d'un sexologue (Le Courrier du Livre 2003)
Publié par knuckles à 04:19:34 dans L'observatoire Player Park | Commentaires (0) | Permaliens
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