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Ce soir la conversation tourne autour du dernier livre d'Elmore Leonard que je n'ai pas lu ; de certains critiques gastronomiques que j'ai lus ; de la version studio anglaise des Misérables comparée à celle de la troupe américaine ; de ce nouveau bistrot salvadorien au coin de la Deuxième et de la Quatre-vingt-troisième ; des mérites comparés de la rubrique potins du Post et celle du News. Il s'avère que Anne Smiley et moi avons une relation commune, une serveuse de chez Abestone, à Aspen, que j'ai violée avec une bombe de laque, quand je suis allé skier là-bas, aux dernières vacances de Noël. Le Deck Chairs est bondé, le bruit assourdissant, l'acoustique pourrie, à cause de la hauteur du plafond [...] Le serveur, Scott, Anne, et même Courtney, tous me regardent comme si j'avais émis là une remarque diabolique, apocalyptique, comme si je venais de profaner un mythe intouchable, de violer un serment sacré, et un grand silence semble soudain tomber sur le Deck Chairs.
Hier soir, j'ai loué un film intitulé Inside Lydia's Ass et, tout en sirotant, de fait un Diet Pepsi pour faire passer mes deux Halcion, j'ai regardé ladite Lydia, une blonde platine complètement bronzée, avec un cul parfait et une paire de nénés à tout casser - à quatre pattes, en train de sucer un type avec une queue énorme, tandis qu'une autre blonde superbe, avec une petite chatte blonde bien dessinée s'agenouillait derrière elle pour la bouffer et la sucer et la lécher, avant de lui mettre dans le cul un grand vibromasseur en argent bien lubrifié et de la baiser, sans cesser de lui bouffer la chatte, tandis que le type à la queue énorme jouissait en plein dans la figure de Lydia et qu'elle lui suçait les couilles, et soudain Lydia se cabrait dans un bon orgasme, apparemment authentique, et la fille derrière rampait jusqu'à elle et léchait le sperme au visage, avant de lui faire sucer le vibromasseur [...]
Je trouve enfin le tube, derrière un énorme flacon - un magnum - de Xanax, sur l'étagère supérieure de l'armoire à pharmacie et avant, que ma queue ne ramolisse complètement, j'en pose une noisette au fond du préservatif, en enduit rapidement l'intérieur, puis retourne dans la chambre et saute d'un bond sur le lit japonais. " Patrick, merde, ça n'est pas un trampoline ", fait-elle agressive et sans l'écouter, je m'agenouille au-dessus d'elle, la pénètre, et aussitôt elle soulève ses hanches et se tend vers moi, puis elle suce son pouce et commence à se caresser le clitoris. J'observe ma queue qui va et vient dans son vagin, à grandes et longues poussées [...]
Je la pénètre brutalement, et arrive à un orgasme si minable qu'il est presque inexistant, poussant un grognement de déception infinie, quoi que prévu que Courtney interprète comme une marque de plaisir, ce qui l'incite, toujours sanglotant et reniflant sous moi, à se toucher un peu, mais je débande presque immédiatement [...] Je veux encore te baiser, dis-je, mais sans préservatif, parce que je ne sens rien. Otant de sa bouche ma queue molle et rabougrie, elle me regarde sans aménité, et déclare d'un ton froid : " Avec ou sans, tu ne sentiras rien, de toute manière ".
Bret Easton Ellis, Amercican Psycho
Publié par knuckles à 20:48:44 dans Bureau de style | Commentaires (0) | Permaliens
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