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Au Harry's | 26 mai 2006

Quelqu'un a déjà sorti un téléphone cellulaire Minolta pour appeler un taxi et, alors que je n'écoute pas vraiment, observant un type en train de régler l'addition, qui ressemble singulièrement à Marcus Halbertstam, quelqu'un me demande pourquoi ?

Comme ça, sans aucun lien avec quoi que ce soit et, très fier de mon sang-froid, de ma capacité à me contrôler et à faire ce que l'on attend de moi, j'attrape la question au vol, l'induit immédiatement, pourquoi ? et y réponds aussitôt, sans préparation, comme ça, j'ouvre la bouche, et des mots en sortent, un résumé simplifié à l'usage des imbéciles.

En fait, bien que je ne sache pertinemment que j'aurais du faire cela au lieu de ne pas le faire, j'ai vingt-sept ans, bon Dieu, et c'est ainsi que, euh, que les choses se présentent dans un bar ou dans une boîte, à New York, et partout, peut-être, en cette fin de siècle, et c'est ainsi que les gens, tu vois, les gens comme moi, se comportent, et voilà ce que signifie pour moi peut-être Patrick, enfin, c'est ce que je pense...

Et donc voilà, hein, euh... Suit un soupir, un léger haussement d'épaules, un autre soupir et au-dessus d'une des portes, masquées par des tentures de velours rouge, il y a un panneau, sur ce panneau, en lettres assorties à la couleur des tentures, est écrit SANS ISSUE

Bret Easton Ellis, American Psycho

Publié par knuckles à 02:17:37 dans Bureau de style | Commentaires (0) |

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