Londres, au 21ème siècle... Evey Hammond ne veut rien oublier de l'homme qui lui sauva la vie et lui permit de dominer ses peurs les plus lointaines. Mais il fut un temps où elle n'aspirait qu'à l'anonymat pour échapper à une police secrète omnipotente. Comme tous ses concitoyens, trop vite soumis, elle acceptait que son pays ait perdu son âme et se soit donné en masse au tyran Sutler et à ses partisans. Une nuit, alors que deux "gardiens de l'ordre" s'apprêtaient à la violer dans une rue déserte, Evey vit surgir son libérateur.
Publié par knuckles à 20:53:01 dans Bureau de style | Commentaires (2) | Permaliens
Je me retrouve en train de déambuler dans le vieux quartier, au sud de la Quatorzième Rue. Ma montre s'est arrêtée, et je ne sais pas très bien qu'elle heure il est. Dix heures et demie, quelque chose comme ça. Des types passent, des noirs qui proposent du crack, ou cherchent à vous fourguer des billets pour une soirée au Palladium.
Je dépasse un kiosqque à journaux, un pressing, une église, un petit restau. Les rues sont désertes ; le seul bruit qu'on entende, c'est de temps à autres, un taxi en maraude, se dirigeant vers Union Square. Un couple de pédés décharnés passe devant la petite cabine téléphonique où j'écoute les messages du répondeur, tout en contemplant mon reflet dans la vitrine d'un brocanteur.
L'un deux me siffle, l'autre rit, d'un rire cadavéreux, horrible. Une affiche déchirée des Misérables balaie le trottoir craquelé, souillé d'urine. Un révèbère rend l'âme. Un type pisse dans une ruelle, par-dessus Jean-Paul Gaultier. De la vapeur émane du sous-sol de la rue, tourbillone, s'évapore. Les trottoirs sont ponctués de sacs d'ordures, gelés. La lune basse, pâle, est suspendue juste au sommet du Chrysler Building. Quelque part du côté de West Village, le cri d'une sirène d'ambulance. Le vent l'emporte. Un écho, puis plus rien.
Le clochard, un noir, est allongé sur une grille, sur le seuil d'un magasin de brocante abandonné, dans la Douzième rue, entouré de sacs à ordures, avec près de lui un caddy de chez Gristede, chargé de ses effets personnels, je suppose : des journaux, des petites bouteilles, des boîtes de conserves. Un carton peint à la main est accroché à l'avant du caddy : J'ai faim Je n'ai pas de maison. Un chien, un petit bâtard à poils ras, maigre comme un clou, est allongé à côté de lui, une laisse de fortune attachée à la barre du caddy
[...] Pourquoi ne prenez-vous pas un travail ? fais-je le billet toujours en main, mais hors de portée du clochard. Si vous avez faim à ce point, pourquoi ne pas travailler ? Il inspire profondément, frissonne, répond enfin, entre deux sanglots : J'ai perdu mon emploi... Pourquoi ? fais-je avec un intérêt. Vous buviez ? C'est pour ça que vous l'avez perdu ? Ou bien vous trafiquiez ? Je plaisante. Non sérieusement, vous buviez au boulot ? Il serre les bras autour du corps, et dit, suffoquant : j'ai été viré. Ils m'ont licencié. Je hoche la tête. Mince, mmmm, ça c'est moche [...] Pourquoi n'en prenez-vous pas un autre ? m'inquiers-je. Un autre travail ? Je ne suis pas... Il tousse, tassé sur lui-même, secoué de violents tremblements, pathétique, incapable de finir sa phrase. Vous n'etes pas quoi ? fais-je d'une voix douce. Pas qualifié ou quelque chose comme cela ? J'ai faim chuchotte-t-il ? Je sais. Ma parole, on dirait un disque rayé. J'essaye de vous aider... Ma patience commence à s'épuiser. J'ai faim. Ecoutez, croyez-vous que c'est juste, de prendre de l'argent à ceux qui ont un emploi ?
Bret Easton Ellis, American Psycho
Publié par knuckles à 19:46:38 dans Bureau de style | Commentaires (0) | Permaliens
Ce soir la conversation tourne autour du dernier livre d'Elmore Leonard que je n'ai pas lu ; de certains critiques gastronomiques que j'ai lus ; de la version studio anglaise des Misérables comparée à celle de la troupe américaine ; de ce nouveau bistrot salvadorien au coin de la Deuxième et de la Quatre-vingt-troisième ; des mérites comparés de la rubrique potins du Post et celle du News. Il s'avère que Anne Smiley et moi avons une relation commune, une serveuse de chez Abestone, à Aspen, que j'ai violée avec une bombe de laque, quand je suis allé skier là-bas, aux dernières vacances de Noël. Le Deck Chairs est bondé, le bruit assourdissant, l'acoustique pourrie, à cause de la hauteur du plafond [...] Le serveur, Scott, Anne, et même Courtney, tous me regardent comme si j'avais émis là une remarque diabolique, apocalyptique, comme si je venais de profaner un mythe intouchable, de violer un serment sacré, et un grand silence semble soudain tomber sur le Deck Chairs.
Hier soir, j'ai loué un film intitulé Inside Lydia's Ass et, tout en sirotant, de fait un Diet Pepsi pour faire passer mes deux Halcion, j'ai regardé ladite Lydia, une blonde platine complètement bronzée, avec un cul parfait et une paire de nénés à tout casser - à quatre pattes, en train de sucer un type avec une queue énorme, tandis qu'une autre blonde superbe, avec une petite chatte blonde bien dessinée s'agenouillait derrière elle pour la bouffer et la sucer et la lécher, avant de lui mettre dans le cul un grand vibromasseur en argent bien lubrifié et de la baiser, sans cesser de lui bouffer la chatte, tandis que le type à la queue énorme jouissait en plein dans la figure de Lydia et qu'elle lui suçait les couilles, et soudain Lydia se cabrait dans un bon orgasme, apparemment authentique, et la fille derrière rampait jusqu'à elle et léchait le sperme au visage, avant de lui faire sucer le vibromasseur [...]
Je trouve enfin le tube, derrière un énorme flacon - un magnum - de Xanax, sur l'étagère supérieure de l'armoire à pharmacie et avant, que ma queue ne ramolisse complètement, j'en pose une noisette au fond du préservatif, en enduit rapidement l'intérieur, puis retourne dans la chambre et saute d'un bond sur le lit japonais. " Patrick, merde, ça n'est pas un trampoline ", fait-elle agressive et sans l'écouter, je m'agenouille au-dessus d'elle, la pénètre, et aussitôt elle soulève ses hanches et se tend vers moi, puis elle suce son pouce et commence à se caresser le clitoris. J'observe ma queue qui va et vient dans son vagin, à grandes et longues poussées [...]
Je la pénètre brutalement, et arrive à un orgasme si minable qu'il est presque inexistant, poussant un grognement de déception infinie, quoi que prévu que Courtney interprète comme une marque de plaisir, ce qui l'incite, toujours sanglotant et reniflant sous moi, à se toucher un peu, mais je débande presque immédiatement [...] Je veux encore te baiser, dis-je, mais sans préservatif, parce que je ne sens rien. Otant de sa bouche ma queue molle et rabougrie, elle me regarde sans aménité, et déclare d'un ton froid : " Avec ou sans, tu ne sentiras rien, de toute manière ".
Bret Easton Ellis, Amercican Psycho
Publié par knuckles à 20:48:44 dans Bureau de style | Commentaires (0) | Permaliens
Depuis quelques heures, le Père fouettard déambule au sein du Park. Il en prendra momentanément le contrôle et je l'espère le plus grand soin. Difficile de l'arrêter dans sa frénésique lancée, il a par ailleurs, carte blanche, même celle de s'en prendre directement à l'administrateur du Park. Et ce pendant dans plus de 72h. L'atmosphère du Park s'en fera bientôt ressentir. Chaque semaine, son invité surprise, sa nouvelle rubrique, son débat sulfureux, sa révélation, sa Photographie emblématique. Mais pour couronner le tout, une sélection fine de Blogroll est dorénavant proposée à l'attention particulière des Pure Players de la première heure.
Knuckles Lantrowsky
Publié par knuckles à 22:50:17 dans Bureau de style | Commentaires (0) | Permaliens
Dites simplement au gardien-chef que c'est Bateman... appartement 10 I. Levant les yeux pour vérifier qu'une partie au moins du message a été enregistrée, je rencontre un masque atone, un faciès épais, stupide. Je suis un fantôme pour cet homme, me dis-je. Je suis une chose iréelle, un objet à peine palpable mais qui constitue une espèce d'obstacle. [...] Je prends mon courrier - le catalogue Polo, le relevé de l'American Express, le Playboy de juin, une invitation à une soirée organisée par la compagnie dans un nouveau club appelé le Beldam - et me dirige vers l'ascenseur, examinant le catalogue Ralph Lauren.
J'appuie le bouton de mon étage, puis sur celui qui commande la fermeture des portes, mais quelqu'un pénètre dans la cabine juste avant que les portes ne se referment et instinctivement, je me retourne pour saluer. C'est Tom Cruise, l'acteur qui habite dans l'appartement en terrasse et, par courtoisie, sans le lui demander, j'appuie sur le bouton du dernier étage, sur quoi il me remercie d'un signe de tête, gardant le regard fixé sur les chiffres lumineux qui défilent rapidement au-dessus de la porte.
En chair et en os, il est beaucoup plus petit, et il porte les mêmes Wayfarer noires que moi, un jean, un T-shirt blanc, et une veste Armani. Désireux de briser un silence qui devient singulièrement gênant, je m'éclaircis la gorge et déclare : je vous ai trouvé fantastique, dans Bartender. J'ai trouvé le film vraiment très bon, et Top Gun aussi. Vraiment, j'ai trouvé ça très bon. Il quitte des yeux les chiffres lumineux, me regarde bien en face. Ça s'appelait Cocktail, dit-il d'une voix douce. Pardon ? Fais-je, désarçonné. Il s'éclaircit la gorge : Cocktail. Pas Bartender. Le film s'appelait Cocktail. Un blanc. On entend plus que le bruit des câbles qui hissent l'ascenseur toujours plus haut dans l'immeuble, tandis que le silence descend sur nous, lourd, obstensible.
Bret Easton Ellis, Amercican Psycho
Publié par knuckles à 01:55:55 dans Bureau de style | Commentaires (0) | Permaliens
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