Publié par knuckles à 11:43:43 dans Bureau de style | Commentaires (0) | Permaliens
Publié par knuckles à 14:14:38 dans Bureau de style | Commentaires (0) | Permaliens
Je suis retourné dans la salle multimédia et j'ai allumé l'écran plasma. 1941 passait encore sur Channel 64, le son coupé. J'avais vu ce film avec mon père en décembre 1979 au Cinerama à Hollywood. 1941 était l'année de naissance de mon père. Et au bout de quelques secondes - le temps de comprendre tout ça - j'ai entendu le ton familier de la voix d'AOL répétant inlassablement, depuis l'oridnateur dans mon bureau : "Vous avez un e-mail, vous avez un e-mail..." En entrant dans le bureau, j'ai vu que je recevais un rouleau sans fin d'e-mails en provenance de la Bank of America à Sherman Oaks.
Lorsque je me suis assis devant l'ordinateur, les e-mails ont brusquement cessé de défiler. Pendant cette longue nuit, je suis resté longtemps hébété, dans l'attente de quelque chose, pendant que ma famille dormait à l'étage au-dessus.
Tout autour de moi, vibrait légèrement, et je ne cessais de m'imaginer une rivière de cendres grises coulant à l'envers. Au début, j'étais rempli d'un certain émerveillement, mais quand je m'apercevais que ce n'était lié à rien de particulier, l'émerveillement sombrait dans la peur. Et cela a été suivi par le chagrin et les échos perçants d'un passé dont je ne voulais pas me souvenir, et je me suis donc concentré sur les prédictions qui se répercutaient en moi et qu'il m'a fallu alors, en raison de leur nature sombre, ignorer.
La dénégation totale me détachait délicatement de la réalité - mais pour un moment seulement - parce des lignes se connectaient à d'autres lignes, et progressivement tout un réseau se formait et devenait cohérent, avec une signification particulière, et finalement, émergeant du vide, une image de mon père : son visage était blanc, ses yeux fermés dans le repos, et sa bouche une simple ligne qui bientôt s'ouvrait pour hurler.
Mon esprit ne cessait de se murmurer des choses, et dans mes souvenirs tout était là - la maison en stuc rose, la moquette longue et verte, les maillots de bain de Mauna Kea, nos voisins Susan et Bill Allen - et je pouvais voir la 450 SL crème de mon père alors qu'elle changeait de file sur une autotroute bordée de citrus, fonçant vers une rampe de sortie, pas loin d'ici, SHERMAN OAKS, et plusieurs fois pendant la nuit ou tôt le matin du 4 novembre - j'ai ri - incrédule - en entendant les bruits retentir dans ma tête et je n'arrêtais pas de parler tout seul, mais j'étais un type qui essayait d'avoir une conversation rationnelle avec quelqu'un qui perdait la boule - et je criais laisser tomber, laisser tomber, et je ne pouvais plus éviter de reconnaître un fait qu'il me fallait accepter, mon père voulait me donner quelque chose. Et alors je répétais son nom, j'ai compris ce que c'était. Un avertissement.
Lunar Park, Breat Easton Ellis
Publié par knuckles à 03:35:37 dans Bureau de style | Commentaires (0) | Permaliens
Femme de France ! Tu ne supportes plus de voir des taches de pizza quatre fromages auréoler le cuir de ton canapé Roche-Bobois ? De sentir un parfum persistant de bière éventée dans ce salon dont tu as amoureusement concocté la déco harmonieuse et sereine ? Bref, tu en as assez que le foot, en plus de te niquer tes soirées, te nique aussi ton appart ?
Femme de France, cesse de te plaindre et sois courageuse. Car il y a un truc pire dans la vie que d'être femme de fan de football, c'est être femme de footballeur. C'est même le nom d'une série anglaise qui passe chaque vendredi sur Téva, la chaîne des femmes qui aiment les hommes.
C'est vulgaire mais c'est très touchant. Comme les héroïnes Tanya, Donna et Chardonnay qui, pour oublier leur chagrin, s'adonnent à la coke ou aux photos osées des tabloïds pendant que leur maris usent leurs crampons sur les pelouses et leur prostate avec des groupies mineures. Ah ! Il est loin, le bonheur conjugal et humanitaire susurré chez Cauet par les lèvres collagénées d'Adrianna ! Ici, être femme de "pro", c'est le radeau et la méduse. L'équipe est fictive, certes mais pas difficile du tout de reconnaître David et Victoria Beckham. On comprend mieux, du coup pourquoi elle est devenu anorexique.
On comprend mieux surtout, ce que vivre avec un grand enfant millionnaire gavé de créatine qui, quand vous vous ennuyez, ne trouve qu'à répondre : On a du fric, alors dépense-le, avant d'aller brouter du gazon. Sois donc courageuse femme de France et regarde donc "Femmes de footeux " dans la buée chaude et mousseuse de la douche d'après-match, à croire mes consoeurs, est un parfait antistress.
Christophe Ono-Dit-Biot
Publié par knuckles à 22:47:52 dans Bureau de style | Commentaires (0) | Permaliens
Le 12 Juillet, c'est effectivement la sortie en salle d'un super-héros, un homme loin d'être sous l'emprise d'Eros mais tout simplement étiqueté au rayon "Super". Futur Blockbuster imposé à coup de Marketing Viral et autres supports de Buzz. Ben, ma foi appartenant à une génération née à la fin des 70's, je dirais que je me contenterai modestement du souvenir de l'épisode 4 ; le dernier du défunt et charismatique Christopher Reeves [ que je n'ai certes pas revu depuis l'âge de mes 12 ans ]
Etrange de tenir des propos sur un film qui ne sortira aux Etats-Unis qu'à partir de la mi-Juin. Disons que n'ayant pas d'obligation de le voir [ pas encore d'enfants à charge ] je me contenterai d'une simple programmation un soir de " prime " - certainement d'ici à deux ans sur TFI, M6 ou France 2. Tant qu'à faire, il faut bien que ma redevance me serve un peu à quelque chose.
Pour avoir eu l'occasion de voir le dernier opus des X-MEN, je dirais que la fin m'a laissé présager que l'issu de l'affrontement final était loin, bien loin, et fort loin, de sonner le glas de cette grande aventure [conf.] les multiples et incessantes suites de long-métrage SF à l'instar des " Star Trek " ou encore récemment " Alien. "
Tant qu'il y aura une cible marketing et une industrie cinématographique - l'avenir de Wolverine et de Colossus - se portera fort bien ma foi. Superman le Retour. Pour en avoir vu ça et là, puis par ci et par là, des trailers et des photos de tournage. Mon petit constat a été le suivant : cela reste plat... Plat comme bon nombre de sujets cinématographiques actuels, fort loin de révolutionner profondément notre histoire commune. Superman le Retour, chronique d'un Blockbuster estival annoncé qui remplira certes son cahier des charges mais ne révolutionnera certainement pas les fondements du cinéma fantastisque.
Je reconnais n'être certainement plus la cible MKTG de ce vaste et joli chantier jouant sur nos cordes sensibles. Au delà du fait qu'entre le dernier opus de Christopher - Reeves et cette sortie, près de deux générations s'en sont suivis. Laissons donc place aux plus jeunes qui un jour se trouveront certainement à ma place et tiendront de surcroît le même discours - tant que le web 2.0 sera [ et je m'avance à ce titre, sans faire usage d'un quelconque don de divination ]
[ K.L ]
Publié par knuckles à 00:04:59 dans Bureau de style | Commentaires (0) | Permaliens
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